Ramadan, 17

Nouvelle leçon pour moi en ce dix-septième jour ; les heures passées dans la conscience pleine de Ta grâce valent pour prières. Même, parmi les plus précieuses. Et aussi ; il ne faut jamais désespérer de Ta grâce. Et encore ; il est bon d’essayer, de chercher, de tendre vers elle ; mais tant que l’instant juste n’est pas venu, on pourrait se frapper le front contre la porte toute la nuit qu’elle ne s’ouvrirait pas. Car Toi seul, es le Maître de l’aube.

Rien lu de consistant, mais trouvé quand même un extrait d’Elif Shafak pour me voler un peu dans les plumes, quand la religiosité aurait tendance à prendre le pas sur la conscience (ce qui m’arrive plus souvent que je ne saurai l’admettre, parce que je suis paresseuse comme ce n’est pas permis)

« Brouillé est l’esprit des croyants si à chaque ramadan ils jeûnent au nom de Dieu et qu’à chaque Aïd ils sacrifient un mouton ou une chèvre pour racheter leurs péchés, si toute leur vie ils s’efforcent d’accomplir le pèlerinage à La Mecque et que cinq fois par jour ils s’agenouillent sur un tapis de prière, mais que dans le même temps il n’y ait pas place dans leur cœur pour l’amour. Pourquoi prendre tant de peine ? La foi n’est qu’un mot si l’amour ne réside pas en son centre, elle est flasque, sans vie, vague, vide – rien qu’on puisse véritablement sentir. Croient-ils que Dieu réside à La Mecque ou à Médine ? Ou dans quelque mosquée ? Comment peuvent-ils imaginer que Dieu puisse être confiné dans un espace limité quand II dit justement : Ni Mes cieux ni Ma terre ne M’englobent, mais le cœur de Mon serviteur croyant M’englobe ? Pitié pour le fou qui croit que les frontières de son esprit mortel sont celles de Dieu tout-puissant ! Pitié pour le fou qui pense pouvoir négocier et régler ses dettes avec Dieu ! Pensent-ils que Dieu est un épicier qui tente de soupeser nos vertus et nos méfaits sur deux balances ? Est-Il un clerc méticuleux qui note nos péchés dans Son livre de comptes afin que nous Le remboursions un jour ? Est-ce là leur idée de l’Unicité ? Ni épicier ni clerc, mon dieu est un dieu magnifique. Un dieu vivant ! Pourquoi voudrais-je un dieu mort ? Vivant, Il est ! Son nom est al-Hayy – l’Éternel. Pourquoi errer dans la peur et l’angoisse, toujours laisser les prohibitions et les limitations me restreindre ? Il est l’infiniment compassionné. Son nom est al-Wadud. Il est tout entier digne de louanges. Son nom est al-Hamid. Beau au-delà de tous les rêves et de tous les espoirs. Al-Jamal, al-Kayyum, al-Rahman, al-Rahim. Dans le vent et les inondations, sec et assoiffé, je chanterai, je danserai pour Lui jusqu’à ce que ploient mes genoux, que s’effondre mon corps et que mon cœur cesse de battre. Je briserai mon ego en mille morceaux, jusqu’à ce que je ne sois plus qu’une particule de néant, le passeur du vide pur, la poussière de la poussière de Sa grande architecture. Avec reconnaissance, joie et persévérance, je loue Sa splendeur et Sa générosité. Je Le remercie à la fois pour tout ce qu’il m’a accordé et pour tout ce qu’il m’a refusé, car Lui seul sait ce qui est bon pour moi. »

in Soufi, mon amour

Musique : Zsuzsanna

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